Selon l’avocat et analyste politique Me Samuel Madistin, il n’existe pas de véritables Jovenelistes en Haïti. Dans une récente intervention qui secoue la scène politique, le célèbre homme de loi a affirmé que ceux qui se revendiquent aujourd’hui de ce courant ne sont qu’une « bande de bluffeurs, d’opportunistes et de malhonnêtes ». Selon lui, ces individus exploitent cyniquement la mort tragique de l’ancien président Jovenel Moïse pour générer des gains financiers, notamment sur les réseaux sociaux.
Me Madistin établit une distinction claire entre les courants historiques du pays et ce phénomène récent : s’il reconnaît l’existence des « PHTKistes » (partisans du Parti Haïtien Tèt Kale) ou des « Lavalas », il balaie d’un revers de main l’idée d’un authentique mouvement joveneliste.
Une apparition post-mortem qui suscite des interrogations
L’un des arguments majeurs avancés par l’homme de loi repose sur la chronologie de ce positionnement politique. Me Madistin s’interroge ouvertement sur l’absence de ce groupe du vivant du chef de l’État. Pourquoi le concept de « Jovenelisme » est-il apparu uniquement après l’assassinat du président, et jamais durant son mandat ?
Pour l’avocat, cette naissance tardive est la preuve flagrante d’une imposture politique visant à capter la sympathie populaire à des fins personnelles et lucratives.
L’abandon du président Jovenel Moïse la nuit du drame
Pour appuyer sa thèse sur l’hypocrisie de ces partisans de la dernière heure, Me Samuel Madistin rappelle les circonstances sombres de la nuit du 7 juillet 2021. Il souligne l’isolement total du président face à ses assaillants, malgré un entourage gouvernemental pourtant pléthorique.
« Jovenel est mort, et pas un seul ministre, directeur général, secrétaire d’État ni même un militant ne s’est rendu sur les lieux du crime pour voir le cadavre. » — Me Samuel Madistin
Selon lui, ce constat flagrant d’abandon de la part des hauts dignitaires de l’époque démontre qu’il n’y avait personne pour défendre l’homme ou sa vision de son vivant.
L’exploitation de l’assassinat de Jovenel Moïse sur les réseaux sociaux
Aujourd’hui, la mémoire de l’ancien président est devenue un sujet ultra-porteur sur les plateformes numériques. Me Madistin dénonce ce qu’il qualifie de commerce de la détresse et du deuil national.
Le business de la politique haïtienne en ligne
De nombreux influenceurs, militants et créateurs de contenus utilisent le nom de Jovenel Moïse pour maximiser leurs audiences, générer des clics et monétiser leurs pages. Ce climat de manipulation de l’opinion publique s’éloigne, selon l’analyste, de toute quête réelle de justice pour le président assassiné.
En conclusion, pour Me Samuel Madistin, le verdict est sans appel : le « Jovenelisme » n’est qu’une étiquette de commodité brandie par des opportunistes en quête de visibilité et d’argent, effaçant la réalité d’un pouvoir qui s’est effondré dans la solitude la plus totale.
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