Assassinat de Jovenel Moïse : Le juge Jean Roger Noëlcius admet des irrégularités devant la justice américaine

L’enquête sur l’assassinat de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse prend une tournure décisive à Miami. Lors d’une audition devant un tribunal fédéral, le juge haïtien Jean Roger Noëlcius a fait des révélations fracassantes concernant le mandat d’arrêt émis contre le chef d’État avant son exécution en juillet 2021.

Un mandat d’arrêt sans fondement légal

Le juge Noëlcius a admis avoir signé un document comportant de graves irrégularités juridiques. Selon ses déclarations, il ne disposait d’aucune autorité légale pour autoriser une telle procédure contre un président en exercice.

Il explique que ce mandat n’a pas suivi les procédures judiciaires normales en vigueur en Haïti. Interrogé sur ses motivations, le magistrat a affirmé avoir agi sous l’influence d’intermédiaires. Ces derniers l’auraient convaincu que cet acte était purement « symbolique » et nécessaire pour « sauver le pays » de la crise politique.

Manipulation et complot politique

Au-delà de l’erreur administrative, Jean Roger Noëlcius dénonce une véritable manipulation. Il affirme avoir été utilisé comme un pion dans un complot orchestré par des acteurs politiques et privés.

Ce mandat ne pouvait ni autoriser l’arrestation du président, ni être exécuté par des unités étrangères », a-t-il soutenu pour se dédouaner.

Tout en niant toute implication directe dans l’assassinat physique du président Moïse, le juge reconnaît que sa signature a été obtenue dans un contexte de pressions opaques. Ce témoignage est crucial, car il intervient juste avant le procès de plusieurs suspects clés détenus aux États-Unis.

Les conséquences pour la justice haïtienne

Cette affaire met en lumière les failles systémiques du système judiciaire haïtien. Elle soulève des questions brûlantes sur :

La responsabilité pénale des magistrats.

L’ingérence d’intérêts privés dans les affaires d’État.

La complicité passive ou active de certains fonctionnaires dans la déstabilisation du pays.

Alors que l’enquête se poursuit, ces aveux renforcent le débat sur la crise de légitimité qui ronge les institutions haïtiennes depuis le drame du 7 juillet 2021.

Leboninfos

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